Les Startech’s Days à Ciney Expo, une expérience à reconduire

par MCHAUVAUX le 24 juin 2019

Enfin ! Il aura fallu attendre plus de 15 ans pour que les Startech’s Days se déroulent à nouveau en un lieu unique, réunissant la quasi-totalité des métiers sous un même toit. Et le succès fut au rendez-vous : 6000 personnes se sont pressées dans les allées de Ciney Expo ces 18 et 19 mars derniers.

On n’avait plus connu cela depuis 2003 lors d’une première édition de ce qui ne s’appelait pas encore les Startech’s Days. Réunis au Palais des expositions de Charleroi, quelques dizaines de concurrents (devant quelques milliers de spectateurs) s’étaient affrontés pour remporter le titre de leur catégorie et représenter la Belgique à Saint-Gall, en Suisse. Depuis, le manque de moyens avait contraint l’organisation à morceler le concours entre plusieurs lieux… Un éclatement qui nuisait à l’attractivité de l’événement et donc à son objectif premier, la promotion des métiers techniques manuels ou créatifs.

Cette année, on a pu voir la différence. Regroupées dans les 6000 mètres carrés de Ciney Expo (et autant d’espace extérieur), les différentes spécialités ont bien mieux été mises en valeur et les jeunes visiteurs ont eu l’occasion de profiter à la fois des compétitions mais aussi des animations. De quoi peut-être faire un premier pas vers une vocation inattendue…

L’imprimerie fait bande à part

Parmi la trentaine de métiers présents, le Cepegra chapeautait une fois encore les épreuves d’infographie et de web design. Difficile, par contre, de déplacer des presses offset. L’imprimerie faisait donc partie des rares absents. L’épreuve s’est déroulée à Gosselies avec un timing légèrement décalé et à huis clos, dans l’ambiance un peu particulière d’un atelier calme, sous le regard attentif de jurés chargés de mettre la « pression » sur les candidats ! Malgré tout, ceux-ci ont relevé le défi et pour certains de la plus belle des manières.

Pour la première fois, l’ensemble des participants provenaient de l’Institut Saint Luc à Tournai, certains en sixième année, d’autres en septième, cette différence d’expérience a permis à deux candidats, Clément Dernoncourt et Louis Bouhani de se détacher et d’être au coude à coude pour la médaille d’or. Seuls deux petits points les ont séparés en fin de compte. La gent féminine était aussi très bien représentée et c’est à une très belle troisième place que s’est hissée Cylia Druart, qui s’est battue avec une énergie hors du commun.

L’épreuve consistait à imprimer 1000 feuilles avec un noir et un ton direct qu’ils devaient confectionner, le tout en 2 h 30. Bien entendu ils avaient à disposition un spectrodensitomètre pour analyser cette teinte et éventuellement la modifier. Une épreuve relativement simple pour un imprimeur averti mais compliquée pour un jeune étudiant. Heureusement, ils avaient tous pu bénéficier d’une formation préalable axée sur ces aspects et sur les astuces « concours ». De plus, les trois médaillés ont reçu en récompense une formation technique complémentaire au Cepegra.

Exotisme et SF au programme des infographistes

L’infographie, quant à elle, avait la chance d’être hébergée à Ciney. Belle expérience pour les six finalistes qui pouvaient ainsi prendre conscience de l’ampleur de l’événement et se préparer à l’ambiance d’une éventuelle finale mondiale.

La première journée, plutôt dédiée au branding, ne fut pas facile pour tous les participants, plus jeunes et moins expérimentés que les années précédentes. Invités à créer un logo et un menu pour un café-restaurant brésilien, certains ont eu quelques difficultés à respecter les consignes, qu’elles soient techniques ou artistiques. À ce petit jeu, c’est Thomas Jadoul, de l’Institut Centre Ardenne de Libramont qui s’en est le mieux sorti.

Moins à l’aise sur le sujet, Marcin Kotynski s’est bien rattrapé le second jour, dans une épreuve de packaging pour laquelle les candidats devaient créer l’habillage d’un kit de clonage de dodo (un sujet à la limite de la science-fiction qui aurait pu en désar-çonner plus d’un). Son travail précis et élégant lui a permis de remonter à la seconde place, échouant très près de la médaille d’or.

La troisième place est finalement revenue à Hussain Mirza, issu de l’INRACI de Bruxelles comme Marcin. Régulier et jusqu’au-boutiste, il s’est adjugé une belle médaille de bronze, en devançant de peu Ismaïl Ferhat, de l’Institut Diderot.

Comme leurs collègues d’imprimerie, les trois lauréats ont eu droit à deux jours de préparation (et deux jours de team building organisés par WorldSkills Belgium) avant de savoir si l’un d’entre eux serait du voyage vers Kazan.

Ne dites plus WebDesign mais Web technologies

En Web, la compétition internationale du métier s’oriente encore plus vers le développement en réduisant à une peau de chagrin la partie Design. Les Tests Projects des Staterch’s Days ont été revus pour intégrer cette nouvelle donne.

Trois candidats d’Albert Jacquard (Laura, Benjamin et Juwan) et trois autres de la Haute École de Liège (Sean, Marvin et Lysander) se sont affrontés durant ces deux jours sur le site de Ciney.

Une ligne du temps pour Kazan

Le premier Test Project proposait la mise en place d’une ligne du temps interactive concernant l’Histoire de Kazan. Les données étaient accessibles via une API locale reprenant des textes et images associés à chaque étape de l’Histoire. C’était la seule partie créative de cette compétition, tous les autres critères d’évaluation étant techniques ou méthodologiques.

Que visiter à Kazan ?

Le second Test Project comportait deux phases. La première consistait en l’intégration d’une single page Web reprenant diverses visites touristiques à faire à Kazan. Ici aussi, les différentes visites étaient accessibles via une API locale. La notation était établie sur le respect des consignes, du layout fourni, de la qualité du code, du respect des standards et des fonctionnalités réalisées.

La seconde phase portait sur l’intégration du module du jour précédent, la ligne du temps de Kazan, dans la page. Ici était notée l’intégration du module dans le design général de la page.

Un bon niveau

Le Jury a été agréablement surpris par la qualité du travail fourni. On sent que les concurrents ont une bonne organisation, un niveau technique élevé et actualisé par rapport aux évolutions du métier.

Benjamin, Laura (tous deux de Jacquard) et Sean (de la Haute école de Liège) sont sortis victorieux de cette joute. Seule Laura a l’âge lui permettant de penser « Russie » et comme elle a des aptitudes en Front-end et en Back-end, c’est de bon augure pour la suite.

Il restait une formation technique de trois jours au Cepegra et deux week-ends de Softskills pour savoir si Kazan serait au bout des doigts.

Qui fera partie de la Belgian Team ?

C’est avec une grande impatience que nous avons attendu le verdict du comité technique de WorldSkills Belgium qui devait décider quels métiers seraient parmi les 13 sélectionnés pour participer au prochain mondial à Kazan en août 2019. L’annonce de la Belgian Team a été faite le 19 avril et le métier d’imprimeur a bien été sélectionné. Le médaillé d’or, Clément Dernoncourt, bénéficiera donc d’une formation de cinq jours à la Print Média Academy à Heidelberg, ce qui représente un énorme privilège. Par la suite sa formation sera partagée entre le Cepegra et l’Imprimerie Provinciale de Namur car c’est là que travaille le nouvel expert, Julien Darmont, un ancien candidat qui a accepté de reprendre le flambeau transmis par Thierry Aptekers.

Quant aux lauréats d’infographie et web design, ils devront retenter leur chance l’an prochain. Pour EuroSkills 2020, l’équipe belge sera bien plus fournie et les chances de rejoindre la compétition internationale bien plus grandes.

Pour connaître la Belgian Team, tous métiers confondus,  en partance pour le championnat international WorldSkills à Kazan rendez-vous sur :  http://www.worldskillsbelgium.be/fr, la brochure des candidats sélectionnés y sera disponible dès le 27 juin.

Thierry Aptekers pour la partie imprimerie
Thierry Herman pour la partie infographie
Pierre Charlier pour la partie web

 

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