Contrairement aux idées reçues, l’impression offset est loin d’être morte

par TAPTEKERS le 24 septembre 2019

L’imprimé nous entoure depuis des décennies, il fait partie de nos vies et semble aller de soi comme l’air que l’on respire. L’engouement marketing accompagnant les nouvelles technologies d’impression numérique a parfois fait dire à certains que l’impression offset était vouée à mourir, mais en réalité il n’en n’est rien. Bien au contraire, force est de constater qu’elle est toujours bien présente et qu’elle évolue en permanence.

À une époque maintenant révolue, les livres étaient exclusivement imprimés sur papier, en noir et blanc. Aujourd’hui, avec la vitesse affolante des progrès technologiques, l’évolution des techniques de reprographie industrielle et l’impression numérique, de nouvelles voies s’ouvrent et permettent d’imprimer une plus large palette de couleurs sur des supports variés tels que le papier, le carton, le plastique, le métal et le tissu…

L’offset s’est véritablement amélioré dans les années 70 et est devenu plus facile à utiliser, c’est aussi à cette époque que sont arrivées les presses grand format en quatre, cinq, six couleurs voire plus. Depuis quelques années on a vu apparaître les vernis UV ou à dispersion et certains à effets spectaculaires, très souvent utilisés pour attirer l’attention sur les produits.

L’arrivée de l’impression numérique a bousculé le monde de l’impression et a vraiment dynamisé le secteur en permettant aux graphistes de créer des choses jusque-là réputées impossibles. Bien entendu le numérique a surtout boosté les marges bénéficiaires en supprimant les coûts liés aux plaques, la mise en train etc. Il faut néanmoins garder à l’esprit que le numérique ne remplace pas l’offset, c’est simplement une autre option qui lui est complémentaire.

Atelier offset.

Les idées reçues refont souvent surface, je me suis donc rendu à l’imprimerie Hecht où j’ai rencontré le chef d’atelier Alain de Gieter. Cette société est le parfait exemple d’une imprimerie qui a évolué vers l’impression digitale tout en gardant son pôle offset qui reste à ce jour, encore et toujours très performant.

Alain de Gieter.

Comment se porte le métier aujourd’hui ?

Mieux aujourd’hui car nous avons eu de grosses craintes il y a un an et demi en particulier pour l’impression digitale. Le marché est maintenant stabilisé.
L’offset est resté stable mais la prolifération des panneaux publicitaires à technologie leds nous fait un peu peur car ils grignotent pas mal de parts de marché.

Quelles sont vos spécificités ?

Nous avons un métier de niche, les affiches publicitaires en très grand format restent notre cheval de bataille. Nous sommes connus et reconnus pour cela et nous mettons l’accent sur la qualité, notre maître-mot depuis quelques décennies, mais surtout une réactivité et une mise en production très rapide ; Un client peut arriver avec son fichier le matin et repartir avec ses impressions le soir ! Notre parc machines nous permet cette flexibilité et cette réactivité.

ManRoland XXL.

Rencontrez-vous des difficultés pour recruter du personnel ?

Un peu moins maintenant au vu de la collaboration que nous avons avec le Cepegra, qui est un partenaire intéressant et qualitatif. En offset cela reste un peu compliqué vu la complexité de nos machines et surtout leurs tailles. Ce n’est pas simple de maîtriser ces très grosses machines. La plupart du temps ce métier s’apprend « sur le tas » et l’expérience se fait au fur et à mesure des années. Passer du petit format au très grand format fait peur à beaucoup de monde.

KBA 162A.

Quel est le bon profil pour postuler chez Hecht ?

Avoir un bagage technique et théorique est bien entendu intéressant mais ce n’est pas la qualité essentielle dont nous avons besoin. La personne doit être courageuse et surtout avoir envie d’apprendre, d’évoluer et par la suite être capable de prendre des initiatives et de se débrouiller en cas de problème. Il faut être communicatif et capable de travailler en équipe. Ce qui compte surtout c’est le caractère de la personne et sa capacité à rester calme dans toutes les situations. La gestion du stress est primordiale.

Est-ce que le métier se féminise ?

Oui, depuis peu et surtout avec l’arrivée de l’impression digitale, nous avons engagé quelques femmes et cela apporte un autre état d’esprit dans les équipes, je pense que ceci est très bénéfique pour l’entreprise. Pour l’offset c’est encore un peu compliqué mais qui sait…

Question essentielle, l’offset est-il mort ?

L’offset tient notre société à bout de bras, sans l’offset nous n’existerions plus et je suis persuadé que l’impression offset à encore et toujours de très belles années devant elle. Il y a malheureusement depuis un bon nombre d’années ce petit bruit qui court faisant croire que l’offset est voué à mourir, c’est totalement faux ! En termes de production nous tournons autour des 65/70 % de volume offset le reste étant pour la PLV et l’impression digitale en particulier. L’offset reste notre cheval de bataille.

Que vous soyez imprimeur ou consommateur, l’imprimé a beaucoup à offrir et c’est loin d’être une technologie morte. Lors d’une visite au centre de recherche et de développements technologiques à Heidelberg, j’ai pu constater qu’ils continuent largement à investir et que l’impression offset a encore un bel avenir !

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