BlendWebMix, la grand-messe du Web à Lyon

par MCHAUVAUX le 8 janvier 2018

Melting pot de passionnés, de professionnels, d’experts ou de curieux, le BlendWebMix ce sont deux jours de rencontres, d’échanges et de partages autour du Web. Organisé par l’association « La cuisine du Web », en partenariat avec l’université de Lyon il se déroulait au Centre des Congrès de la capitale des Gaules.

Les 26 et 27 octobre derniers, le BlendWebMix proposait plus de 90 conférences, un village présentant de nombreuses animations : Hackathon, WebJam, workshops pour les enfants, prises de rendez-vous entre participants… une organisation impressionnante !

Nos formateurs ont testé pour vous, Pierre couvrant les conférences techniques et Michèle, la partie design, voici quelques-unes de leurs découvertes.

Guérilla UX «quick» mais pas «dirty» par Carine Lallemand

Ou comment se donner les moyens de faire de l’UX quand on n’en a pas les moyens

Le terme de Guérilla UX est fort à la mode, elle consiste à avoir recours à des techniques UX non conventionnelles, mises en place par manque de moyens ou pour gagner du temps. Hélas, elles peuvent parfois générer des résultats non fiables et peuvent ruiner entièrement l’analyse.

Carine nous propose une séries d’idées, d’outils, de trucs et astuces pour ne pas tomber dans les travers du « vite fait, mal fait ». Ces méthodes permettent de faire des compromis sans jamais diminuer la pertinence des données que l’on collecte.  Avant tout, la démarche ne peut pas déroger à la règle première en UX : toujours s’adresser aux utilisateurs cible, éviter de s’adresser à tout un chacun de manière aléatoire.

Vite fait, bien fait

Les méthodes de guérilla « quick&clean » peuvent s’appliquer à toutes les étapes du processus de design UX : Phases d’exploration, d’idéation, de génération ou d’évaluation. Elles permettent d’adapter des méthodes classiques aux contraintes des projets (budget, temps, expertise, disponibilité des utilisateurs) sans compromettre la validité des résultats.

 

 

Afin de ne pas biaiser les résultats, les méthodes classiques demandent d’être menées par des personnes averties, les variantes proposées permettent aussi à des personnes moins expérimentées de conduire des entretiens, observations ou tests pertinents.

Entretiens virtuels, auto-observation, sondes de passage, proto-personas, sketch-a-thon, difficile de faire le tour de toutes ces bonnes astuces, heureusement pour vous, la vidéo de sa conférence est en ligne sur la chaîne YouTube du BlendWebMix. Une bonne dose d’inspiration pour se donner les moyens de faire de l’UX quand on n’en a pas les moyens !

Voir la conférence sur https://www.youtube.com/watch?v=NTlBB9yhC1s

Carine Lallemand est chercheuse en psychologie et UX design à l’Université du Luxembourg.

Elle enseigne l’UX Design, l’ergonomie des IHM et la psychologie dans des écoles de design, en entreprise  et au sein d’universités dont l‘ULB.

Elle est l’auteur de l’excellent : Méthodes de Design UX – paru chez Eyrolles. Une seconde édition sort fin 2017, reprend ces notions de guérilla UX.

La réalité augmentée comme technique artistique

C’est l’histoire d’une rencontre entre le street art et la technologie, naissance d’une expérience surprenante de créativité.

Parmi ses nombreuses actions en faveur du street art, le collectif 9e Concept invite de nombreux artistes français et internationaux à travailler avec lui sous l’appellation des Francs Colleurs, autour d’une forme graphique commune – la goutte japonaise – qui puisse être démultipliée. Cette approche invite le spectateur à devenir acteur, à créer son propre univers en combinant ces formes.

 

Street art animé

Les développeurs de l’agence MNSTR ont pris l’initiative de tester la réalité augmentée à partir d’une de ces œuvres, les francs colleurs ont tout de suite adhéré au concept et en est sorti, en 2015 une collection de stickers augmentés.

Le résultat est vraiment surprenant : en survolant les gouttes, à l’aide de l’application Radar, les œuvres s’animent, une musique s’enclenche, puis une autre… la reconnaissance de la forme, les animations et les transitions sont très fluides ce qui rend l’expérience agréable et réellement immersive.

L’application est gratuite, n’hésitez pas à la télécharger et à la tester, même sans autocollants en survolant l’image ci-dessus, vous pouvez déjà en déclencher plusieurs ! https://www.radar.st/francscolleurs

Une application commerciale sans concessions à la création

Riches de cette expérience, ils ont poursuivi leur collaboration en proposant à la marque Desperados la réalisation d’une bouteille en édition augmentée.  Une expérience transmédia très surprenante. Voici la vidéo du making of : https://www.youtube.com/watch?v=iKdidOu-9KU

Une conférence menée par deux passionnés : Louis Bonichon, creative director chez MNSTR et Stéphane Carricondo, fondateur du collectif 9e Concept.

Design Sprints :
Créons un monde meilleur !

Je m’étais déjà intéressée aux méthodes du design sprint, plusieurs articles à ce sujet ayant attiré mon attention, mais la conférence de Jelto von Schuckmann m’a laissée avec une envie tenace d’utiliser cette approche au sein de la formation UX au Cepegra !

Inspirée des méthodes agiles et du design thinking, la démarche Design Sprint, développée par Google Venture est rapide et efficace, elle ne dure ni plus ni moins de 5 jours. Une bonne préparation et une petite équipe pluridisciplinaire avec pour but de répondre à des questions cruciales, d’éprouver la viabilité d’un projet et de lui donner des bases solides en une semaine.

En étant contrainte, l’équipe libère toute sa créativité.

Les outils utilisés sont classiques et font partie de la panoplie de l’UX designer mais doivent être mis en œuvre beaucoup plus vite. La recette magique, c’est la contrainte de temps et l’attention de tous les instants portée à l’utilisateur final !

Comme exemple, il nous livre l’expérience d’un challenge personnel : augmenter l’utilisation du vélo dans la ville de Toulouse, projet d’application mobile qui s’est concrétisé par un travail réel avec la ville. En conclusion, il explique son choix de titre pour cette conférence : le UX designer a le pouvoir de créer un monde meilleur en utilisant ses compétences autour d’un projet citoyen qui répond aux besoins des gens.


Jelto von Schuckmann est Designer UX/UI Senior chez So-Youz, groupe Ai3.

Il intervient sur des projets liés à l’optimisation de l’expérience d’utilisateur pour des clients variés comme Airbus, BASF, Airbus Defence & Space etc.

 

 

Voir la conférence sur : http://bit.ly/JVonSchuckmannBWM


Michèle Vos

GraphQL, l’avenir du REST
par François Zaninotto (@francoisz)

Les APIs, Open Data et autres sources de données sont l’avenir du Web. Mais comment les interroger ? REST et ses méthodes standardisées sont faciles à mettre en place et donc bien connues de tous.

Une map pour s’y retrouver

Une application REST un peu complexe impose une multitude d’adresses URL (endpoints) permettant d’obtenir les résultats recherchés en fonction des méthodes de requêtes utilisées (GET, POST, DELETE, PUT,…).

Une route et une méthode retournent une catégorie de produits, d’autres retourneront les détails d’un produit, l’utilisation d’autres requêtes fournira les détails de la boutique, etc.

Plus l’API s’étoffe et plus le nombre de routes et de méthodes explosent, ce qui rend lourd sa maintenance et son exploitation.

En somme REST a 6 lacunes :

1.REST est tout ou rien. Si vous faites une requête sur un objet vous aurez spontanément tous les champs de l’objet ou rien,
2.REST oblige souvent à enchaîner plusieurs appels pour obtenir les données souhaitées,
3.REST n’est pas fait pour gérer facilement les relations entre objets,
4.REST est statique, vous obtenez la réponse que le développeur de l’application a décidé de définir,
5.REST impose des échanges entre développeurs afin que les API REST implémentées puissent convenir à tous les projets,
6.REST n’est d’aucune aide pour vous garantir le type des données échangées.

Exemple de requête REST sur une bibliothèque qui aurait une url de ce type « http://api.lib.com/book/detail/123 » en méthode GET retournera un objet JSON dont la structure est variable et peut être limitée aux coordonnées du livre (sans les commentaires des lecteurs par exemple).

GraphQL à la rescousse

Langage de requêtes développé en interne par Facebook en 2012 jusqu’à sa publication en 2015, GraphQL propose une alternative aux REST API complexes. L’API ne contient plus qu’une seule route par laquelle toutes les requêtes passeront. Le demande du client est formulée grâce à un objet structuré stocké dans la requête. Le serveur retournera une structure similaire avec les datas souhaitées.

Exemple sur la bibliothèque

Dans ce cas, la structure de la requête communiquée au serveur formate la structure des datas retournées.

Avantages

GaphQL supplée aux 6 défauts de REST

Inconvénients

Concevoir un serveur GraphQL est beaucoup plus ardu. Il faut vraiment avoir besoin de la souplesse qu’il offre sans quoi le temps passé pour le mettre en œuvre n’est pas rentable. La durée du projet, les performances attendues, le nombre de sources de données (et de routes) ou encore le nombre de développeurs est à prendre en compte.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=2y4swZ-d0gQ

Internet mobile en 2020 : PWAMP ?

Plus que jamais, l’internet mobile domine face à la navigation sur desktop, et ça ne devrait qu’augmenter. Si régulièrement, sur mobile, on peut accéder à une info via un site web classique, un site web responsive, un site web mobile ou une application, les stats indiquent nettement un manque de résultat au niveau de l’e-Commerce. Alors que le consommateur utilise son mobile pour l’actualité, ses recherches et les réseaux sociaux, il préfère faire ses achats sur desktop.

Rassurer l’utilisateur

Virginie Clève, fondatrice de Largow, passe en revue les variantes avec lesquelles on peut afficher un même contenu. Elle énumère trois types de web mobile : le site mobile ou responsive, les applications et les contenus Google AMP.

Le responsive

Tout le monde connaît (même si certains sites ne sont encore pas responsives). Ces sites sont un cauchemar pour les performances car tout est chargé même lors d’une connexion faible. Virginie relève que la moyenne d’affichage d’une page web est de 19 secondes en 3G, tout script et pub compris. Un enfer dans les zones à faible débit et donc pour l’e-Commerce.

Google AMP

Pour rappel, les pages AMP (Accelerated Mobile Pages) sont composées de code HTML simple des années 2000, avec un minimum de JS et se focalisant sur les contenus. Résultat, un chargement ultrarapide (1 seconde) et une navigation simplifiée. Faites une recherche sur « Vogue » à partir de votre mobile
et recherchez le lien avec le petit logo suivant :


L’inconvénient c’est de devoir développer une page AMP en plus du site ordinaire.

Les applications

Pour les réseaux sociaux, le trafic vient essentiellement des applications. Mais les apps, il y en a des millions, on s’y perd, ça prend de la place sur le smartphone, il faut les installer et les mettre à jour.

Pour le développeur, cela demande un travail coûteux et des frais liés aux différents stores. Et au final,  seules les principales sont utilisées couramment,
la plupart des autres, rarement ouvertes apportent peu à l’utilisateur.

Les applications ne sont pas naturellement indexées par les moteurs de recherche. Il faut donc les soutenir par une communication web alternative. En sortie, c’est quand même vers des contenus web mobile que l’utilisateur est dirigé à partir des applications les plus courantes comme Facebook, Twitter, Google, etc.

Les progressives Web apps

Une Progressive Web App utilise les possibilités des navigateurs Web modernes pour délivrer une expérience utilisateur similaire à une application native. Votre site Web peut envoyer des notifications, être ouvert en mode hors ligne, se charger depuis l’écran d’accueil, bref offrir toute l’expérience que peut fournir une application mais sans installation. Les limites : iOS bloque encore pas mal de trucs mais Apple annonce qu’ils étudient l’affaire.

Conclusion

Et si on mixait les avantages des deux ? AMP pour sa rapidité/simplicité et les PWA pour des applications Web performantes et complètes. Virginie avance le terme de PWAMP qui pourrait être l’avenir du mobile, soit de 80 % du trafic Web en 2020.

Stay tuned !

Voir la conférence sur http://bit.ly/VirginieCleveBWM


Pierre Charlier

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