Entre infographie et sérigraphie, Maureen varie les plaisirs

par Thierry H. le 17 décembre 2013

Tous ceux qui poussent les portes du Cepegra ne rêvent pas forcément de décrocher un job dans une agence de pub de la capitale ou de prendre en charge la communication graphique d’une grande institution culturelle. Pour certains, passer huit heures par jour les yeux rivés sur l’écran d’un Mac tiendrait même de la punition… Heureusement, les opportunités professionnelles ne se limitent pas à cela. La preuve par Maureen Lambreghts qui a su trouver son bonheur à deux pas de chez elle, dans la botte du Hainaut.

Parcours original pour Maureen qui, après un passage chez Franco Dragone, allie à présent infographie et sérigraphie.

Pas de diplôme de graphisme décroché à Saint-Luc ni de passage à Albert Jacquard dans le CV de Maureen ! Avant son arrivée au Cepegra, la jeune Chimacienne ne connaissait d’ailleurs pas grand-chose à l’infographie, en dehors de l’incontournable Photoshop.

C’est plutôt la création textile qui l’intéressait. Après des études secondaires générales à l’Athénée de Chimay, elle se voyait bien poursuivre son parcours à La Cambre, en design industriel ou architecture d’intérieur. Je voulais absolument entrer à La Cambre, explique-t-elle. Mais en Rhéto, j’ai eu des examens de passage, choses que je n’avais jamais eues auparavant et je n’ai pas pu tenter ma chance lors des épreuves d’entrée de l’école bruxelloise.

Coincée pour un an, elle s’inscrit un peu par hasard à la Haute École Francisco Ferrer, en Arts du tissu. Au départ, il s’agit surtout de ne pas perdre son temps en attendant un second essai à la Cambre. Mais l’expérience lui plaît… Trois ans plus tard, en juin 2010, elle obtient son bachelor et ne perd pas de temps : elle embraye immédiatement sur un premier emploi peu banal. J’avais envisagé de poursuivre mes études en faisant un master à La Cambre, mais comme j’ai immédiatement trouvé du boulot chez Franco Dragone, j’ai abandonné cette idée.

Une expérience phénoménale mais éphémère

Débarquée en juillet  2010 dans la société de production de l’artiste louviérois, Maureen y restera deux ans, intégrée à l’équipe du département Dragone Costumes. Et le projet en cours lors du passage de Maureen à La Louvière est un méga spectacle aquatique destiné à Macao. Chez Dragone, le travail était séparé : les dessinateurs imaginaient les motifs qui allaient servir pour les vêtements. Sur cette base, nous créions plusieurs propositions de dessins et ils choisissaient celle qu’ils voulaient garder.

J’ai surtout été engagée pour travailler sur House of dancing waters mais on a aussi eu des projets plus petits en France ou du boulot pour le spectacle de Las Vegas. On imprimait les tissus par centaines de mètres, en sérigraphie manuelle. En fait, l’étape de l’impression venait avant la conception des costumes. Les tissus partaient ensuite à la coupe puis chez les couturières avant de revenir chez nous pour la patine. Comme le show se passe essentiellement dans l’eau, nous imprimions beaucoup sur néoprène, la matière utilisée pour les combinaisons de plongée.

Ça a été une expérience phénoménale. C’est du concret, et cela change de l’école. J’ai énormément appris, explique-t-elle. Mais c’est difficile de pouvoir évoluer dans la société. Franco Dragone monte un gros projet tous les cinq ans et, entre deux réalisations, il peut y avoir un gros creux…

Le contrat de Maureen se termine en juin  2012 et, une fois de plus, la jeune femme ne perd pas de temps : elle entre en formation au Cepegra en octobre de la même année.

À Francisco Ferrer, j’avais déjà eu des cours d’infographie mais ils étaient plutôt légers puisque ce n’était pas le sujet principal de ma section où l’on travaillait essentiellement la sérigraphie, le tissage et le dessin de tissus, précise Maureen. On n’étudiait que Photoshop et tout ce qu’on réalise habituellement avec Illustrator, je le faisais avec le logiciel de retouche photo.

Mon séjour au Cepegra m’a apporté un plus énorme. J’ai pu apprendre à maîtriser les autres logiciels et à connaître les aspects techniques. Quand j’ai découvert ce que j’étais capable de faire, cela a un peu modifié mes projets. Avant, j’aurais dit « l’infographie, jamais ! ». À présent, j’ai pris confiance en moi et j’aimerais créer ma propre activité, au moins à temps partiel. Bien sûr ce serait toujours en lien avec la sérigraphie et le textile… Le but serait de proposer des créations artisanales, à la fois à destination du public mais aussi des professionnels du secteur de la décoration d’intérieur ou de l’ameublement…

Maureen n’abandonne pas ses rêves…

Aujourd’hui, Maureen est en contrat PFI dans une petite imprimerie textile de Chimay, Coene-Marcoux Impressions. Avec Harry, le patron, et Gwendoline, elle aussi passée par le Cepegra, elle constitue la petite équipe de l’entreprise. La jeune femme se partage entre le travail sur ordinateur et l’impression, toujours en sérigraphie.

Dans son nouveau boulot, Maureen se partage entre l’infographie et la sérigraphie. Et cela lui convient très bien…

Je connaissais déjà l’entreprise parce que j’y avais fait imprimer des T-shirts quand j’étais élève à l’Athénée de Chimay. J’y avais aussi passé des commandes pour Dragone, raconte Maureen. J’en ai donc profité pour y faire mon stage.

Depuis juillet, elle se partage donc entre l’atelier et le Mac et espère bien y rester au-delà du terme de son contrat actuel… en y ajoutant peut-être une activité complémentaire un peu plus créative !

En attendant de réaliser ce projet, Maureen se plaît dans son job actuel : allier infographie, sérigraphie et contact avec la clientèle la satisfait pleinement. Et malgré son séjour au Cepegra, elle ne se voit toujours pas cantonnée toute la journée devant un écran…

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